Assainir, consolider, restaurer — retrouver le plus ancien monument de Berre, son architecture et son mobilier d'un même mouvement.
Caderot est le monument le plus ancien de Berre-l'Étang. La tradition locale raconte qu'un taureau, épuisé d'avoir traversé l'étang à la nage, vint s'agenouiller sous un petit genévrier — un cade, en provençal — qui aurait donné son nom au lieu. L'histoire attestée est plus sobre mais tout aussi dense : un édifice du haut Moyen Âge, repris au XIIIe siècle, partiellement abattu par les Berrois eux-mêmes en 1591 pour que la Sainte Ligue ne puisse s'y retrancher, puis relevé au XVIIe. Inscrite au titre des monuments historiques depuis 1974, la chapelle est aujourd'hui fermée.
Les campagnes successives se superposent sans se recouvrir : maçonneries médiévales en pierre de taille et à bossages, reprises d'après-siège, dispositif baroque de l'aménagement intérieur. Le mobilier suit la même stratification — retable majeur, stalles de chœur, autels latéraux du XIXe siècle — et compte parmi les pièces les plus remarquables de l'édifice, protégées au titre objet.
Tout commence sous le sol. L'humidité qui remonte dans les maçonneries est la cause première des désordres : tant qu'elle n'est pas traitée, aucune restauration de parement ne tient dans la durée. L'assainissement du sous-sol conditionne donc l'ensemble du projet, et il s'exécute dans un terrain chargé d'histoire funéraire — la peste de 1720 a emporté la moitié de la population de Berre, ensevelie à proximité. Les travaux de drainage se conduisent en conséquence, avec les précautions archéologiques que cela impose.
La seconde particularité de l'opération est de traiter le bâti et le mobilier dans une même mission, alors que ces deux mondes sont le plus souvent dissociés. Les décors sculptés, les bois et la conservation préventive sont intégrés dès la conception : le phasage protège les œuvres pendant les travaux de maçonnerie, et la restauration du mobilier n'intervient qu'une fois l'ambiance hygrométrique de l'édifice stabilisée. C'est la condition pour que la chapelle rouvre restaurée dans son ensemble, et non par morceaux.
AAUN assure une mission complète de restauration, avec I2C pour la structure, NAOS études pour les décors sculptés, Tournillon pour les décors bois et Roch Payet pour la conservation préventive.
Mission :
Restauration — mission complète
Surface :
200 m2
MOA :
Commune de Berre-l’Étang
MOE :
Ugo Nocera / AAUN, architecte du patrimoine ;
I2C, structure ;
NAOS études, décors sculptés ;
Tournillon, décors bois ;
Roch Payet, conservation préventive ;
Laurent Taillandier, économiste.
Budget — travaux HT :
1 259 083 € HT
Protection MH :
Inscrite au titre des monuments historiques
mobilier protégé au titre objet


