Quatre cheminées comme des voiles : le confort d'été sans une seule machine.
Le terrain occupe le cœur d'un quartier neuf de Gigean, déjà pourvu de ses terrains de sport et de son centre aquatique. On pouvait y poser un objet de plus — un volume autonome, refermé sur lui-même, tombé du ciel. Nous avons proposé l'inverse : une série de volumes bas qui dialoguent entre eux et avec ce qui les entoure, sous des toitures-terrasses végétalisées, autour de quatre cours et d'un cheminement sud-nord.
Ce faisant, le projet rendait au quartier quelque chose qu'il n'avait pas : une rue. La liaison entre le parking et la rue du Bosquet traversait la parcelle et devenait un passage public, planté, bordé d'un parc et d'un grand bassin de rétention au sud. On pouvait entrer au centre de loisirs — ou simplement passer, entre le centre aquatique, les maisons et le futur restaurant scolaire.
De loin, quatre grandes cheminées de brique rythmaient cette horizontalité comme des voiles de bateau. Ce n'était pas un caprice de forme. Ce sont des cheminées solaires, montées en terre cuite ajourée sur un béton de site : vitrées au sud, ouvertes de l'autre côté, elles chauffent au soleil pendant que leur pied reste au frais du sol, et cette différence suffit à mettre l'air en mouvement. Rafraîchir sans machine, avec un dispositif que l'on connaît depuis des siècles ; l'hiver, on les ferme et elles redistribuent la chaleur. Nous croyons que le confort climatique ne devrait pas se payer d'une contrainte technologique de plus, vouée à l'obsolescence.
Le reste suit la même économie de moyens — et les matériaux ont un lieu d'origine, pas seulement une étiquette. Les murs porteurs sont en pierre calcaire massive de la carrière de Vers-Pont-du-Gard ; les charpentes, les poteaux et les murs rideaux en épicéa, les bardages et menuiseries en douglas, tous issus du Massif central. Des pignons fermés au nord et à l'ouest contre les vents dominants, des façades entièrement vitrées au sud sous une casquette calculée sur la course du soleil — elle laisse entrer l'hiver et fait de l'ombre l'été. Un isolant de chaux-chanvre projeté, un enduit à la chaux, et rien d'autre : ni bardage ventilé, ni pare-vapeur, la pierre travaillant pour ce qu'elle sait faire, l'inertie et le déphasage. À l'intérieur, les charpentes de bois en ailes d'avion restent visibles et convergent vers le centre pour collecter l'eau de pluie, réutilisée dans les sanitaires.
Nous voulions renouer avec le sens premier du mot écologie : la science des relations des êtres vivants avec le monde qui les entoure. Un lieu où les échanges entre les enfants, les habitants, la végétation et le quartier soient le moteur de tout le reste.
Ce concours ne nous a pas été attribué.
Mission :
Concours — architecture bioclimatique (non retenu)
Surface :
773 m²
MOA :
Commune de Gigean
MOE :
AAUN, architecte mandataire ;
CALDER, structure ;
Netallia, fluides / environnement / maîtrise d'usage / BDO ;
SEIRI, VRD / paysage ;
Atelier Rouch, acoustique ;
DICOBAT, économie / OPC
Budget — travaux HT :
2 112 879 € HT


