Rendre à l'hôtel des Bouillens ce pour quoi il fut bâti : recevoir.
En 1863, un décret de Napoléon III reconnaît à l'eau de la source des Bouillens le statut d'eau minérale naturelle. Les curistes affluent, et sept ans plus tard on élève pour les recevoir un hôtel ouvert toute l'année. C'est ce bâtiment qui deviendra le château Perrier.
Son histoire bascule en 1903. Le docteur Louis Perrier, qui avait racheté la source, la cède à un Anglais, Sir John Harmsworth : celui-ci abandonne le thermalisme pour l'eau embouteillée et fait construire une usine entièrement mécanisée, d'une modernité inédite. En 1920, il transforme l'hôtel en demeure privée — le château prend alors la silhouette qu'on lui connaît. Nestlé reprend la marque en 1992.
Aujourd'hui, le bâtiment est à l'abandon et en mauvais état. Il se tient pourtant à l'entrée du site historique, première chose que l'on voit en arrivant : une figure patrimoniale forte, emblématique de l'histoire de la source, qui ne sert plus à rien.
Notre proposition lui rendait son métier d'origine. Le rez-de-chaussée retrouvait l'accueil, une boutique, un coffee shop avec sa terrasse, et des salles pour les expositions et les conférences ; les étages, des chambres et une suite. Rien d'un musée de soi-même : un lieu qui fonctionne, qui reçoit, et qui raconte au passage d'où vient la marque qu'il a vue naître. L'intervention restait tenue — enveloppe conservée et restaurée, ajouts sans valeur déposés, aménagement contemporain assumé comme tel, sans pastiche.
Mission :
Concours — restauration et transformation (non retenu)
Surface :
1 300 m²
MOA :
Nestlé Waters France — Usine Perrier
MOE :
AAUN, architecte du patrimoine, mandataire ;
BETM, structure, fluides, performance énergétique, économie, OPC ;
Flavio Bonuccelli, scénographie
Budget — travaux HT :
3 196 000 € HT


