Restaurer l’hôtel Riquet et préparer sa transformation en centre d’interprétation du Canal du Midi.
En 1751, les héritiers de Pierre-Paul Riquet font bâtir des quais de pierre au débouché du canal sur l'Hérault. L'année suivante s'élève l'hôtel Riquet. Ce n'est pas une demeure d'agrément : c'est le siège du pouvoir sur le canal. Bureaux et logements y sont distribués selon la hiérarchie — receveurs et directeurs à l'étage, subalternes en dessous — et le rez-de-chaussée abrite une chambre de justice, où la famille exerce le droit seigneurial attaché à son fief. Les voyageurs de la barque de poste, qui remonte jusqu'à Toulouse, y font halte.
L'édifice est de style Louis XV, organisé autour d'un escalier central monumental, et flanqué de ses communs : écuries, granges, chapelle. Il aurait été conçu sur le modèle du château du Canal au port Saint-Étienne, à Toulouse — les deux extrémités de l'ouvrage se répondant par leurs architectures.
Le site concentre les protections. À quelques mètres, l'écluse ronde de 1676, taillée dans la pierre volcanique, ouvre sur trois directions : Béziers par le canal, l'étang de Thau par l'Hérault amont, la Méditerranée par l'Hérault aval — un dispositif unique en France. La Villa Laurens est classée, le canal du Midi inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, l'ensemble en site classé et en site patrimonial remarquable. Toute intervention se lit à travers cette superposition.
L'hôtel est aujourd'hui en mauvais état, au cœur de La Méditerranéenne — huit hectares et demi de friche industrielle à l'entrée nord d'Agde, engagés dans une reconversion d'ensemble. Le diagnostic ouvre la mission : comprendre la structure, l'enveloppe et les désordres avant d'arrêter le programme de travaux.
La singularité du projet tient à un renversement. Le rez-de-chaussée doit accueillir le centre d'interprétation du canal du Midi : le bâtiment qui percevait les péages et rendait la justice sur la voie d'eau devient le lieu où on l'explique. Son plan, sa hiérarchie d'étages, sa position au bord de l'écluse sont eux-mêmes des pièces du récit. D'où une exigence particulière — ouvrir au public un édifice du XVIIIe siècle, avec les contraintes d'accessibilité et de sécurité que cela impose, sans effacer précisément ce que l'on vient y donner à lire. AAUN conduit le diagnostic puis la maîtrise d'œuvre, en groupement.
Mission :
Diagnostic puis maîtrise d’œuvre
MOA :
Communauté d’agglomération Hérault Méditerranée
MOE :
AAUN, architecte du patrimoine ;
Atelier Peytavin Claveau De Lima, cotraitant ;
INSE, structure ;
Durand, fluides/thermique/environnement ;
Laurent Taillandier, économie ;
TC MOE, exécution/OPC ;
Atelier Rouch, acoustique
Protection MH :
Abords de l’écluse ronde inscrite MH et de la villa Laurens classée MH ;
site patrimonial remarquable ;
site classé ;
Canal du Midi inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO


